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posté le 2009-05-15 à 14:33:46
Le Noon serait-il en voie de disparition
Le noon est une langue parlée dans l'ouest du Sénégal, principalement dans la région de Thiès. Comme le léhar, le saafi, le ndut et le palor, elle fait partie des langues cangin, rattachées à la branche du nord des langues atlantiques, elles-mêmes sous-catégorie des langues nigéro-congolaises. Comme 16 autres langues, elle a obtenu le statut de langue nationale au Sénégal. Lors du recensement de 2002, le nombre de locuteurs s'élevait à 29 825. Le noon est très proche du Laalaa pour ne pas dire que c’est la même langue parce partageant le même terroir, les mêmes coutumes et ayant des liens de parentés indiscutables. C’est pourquoi nous ne pouvons pas parler de la langue et de l’ethnie Noon sans faire allusion au Laalaa.
Le nombre de locuteurs du laalaa était de 10 925 en 2002. On les trouve principalement au nord de Thiès, autour des villages de Pambaal, Bargaro et Duuña. Il s’agit de populations qui vivaient autrefois d'activités agro-pastorales. Aujourd'hui, l'activité agricole prédomine nettement. "Le Laa (encore appelé Léhar) compte environ 18 villages. Signalons que nous retrouvons les Laalaa aussi en dehors de la région de Thiès. Par exemple une forte communauté Laalaa a migré, entre 1984 et 1986, à Ngeen et à Saal, dans la région de Tambacounda.
L’objectif de cet article ce n’est pas pour parler du noon et du laalaa en tant que spécialiste, mais c’est pour souligner des constats et observations qui méritent d’être approfondis. Et nous pensons et souhaitons que les premiers concernés sont les populations noon et laalaa.
En effet, nous remarquons que les noon parlent de moins en moins la langue, non seulement dans les centres urbains mais aussi dans les villages. Cette attitude qui est à la mode qui s’explique peut être par différents facteurs comme le statut de minorité de l’ethnie, la dominance du wolof au Sénégal, etc. s’avère très dangereux pour la survie de la langue. Ce qui plus inquiétant c’est le fait que ce sont les nouvelles générations qui doivent assurer la continuité qui délaissent la langue garant des meurs et des coutumes. C’est évidant qui si le noon n’est plus parlé, il ne restera qu’une coquille vide de ce qu’est l’ethnie. Pour ce rendre compte de ce fait, observer les jeunes causés, vous verrez que même certains n’ont plus l’habitude et le réflexe de s’exprimer en noon. Dans certains villages et quartiers, dans certaines familles noon, c’est le wolof ou même le français qui est la langue d’expression. En milieu urbain, on sent parfois que certains ont le complexe ou ont peur de s’exprimer par leur langue maternelle.
Pour une langue codifiée, nous trouvons qu’il est temps de pallier à ce vice qui n’honore ni le noon et le laalaa, ni l’état et même la communauté internationale à travers ces institutions culturelles comme l’UNESCO qui se veulent conservateurs et garant des cultures. Au moment où on parle du FESMAN (festival mondial des arts nègres) du 1èr au 29 décembre 2009, chaque communauté a le devoir de défendre sa langue et sa culture afin d’assurer l’unité dans la diversité des peuples, chère à notre ancien président Senghor.
Ainsi, des réflexions individuelles et/ou collectives doivent être menées non seulement par des spécialistes, mais aussi et surtout par les populations concernées. Comme suggestion, nous pensons que les noon et les laalaa, à commencer par les jeunes doivent faire l’effort de parler la langue en toute occasion favorable et essayer d’apprendre à l’écrire et pourquoi pas à faire des recherches là-dessus. La meilleure manière de faire disparaître une langue c’est l’occulter certains mots par d’autres issus d’une autre langue ou même créer.
En plus de parler la langue, nous pensons que des recherches doivent aussi se faire sur le plan historique, linguistique et sociologique. Ces documents publiés et enseignés pourraient permettre à la jeunesse d’acquérir des connaissances sur la langue et sur l’ethnie noon. Les parents aussi ont un rôle déterminant dans la transmission de la langue à leurs enfants en utilisant la langue et en enseignant la culture et les coutumes de l’ethnie.
Nous finissons par lancer un appel à toutes les associations noon d’insérer dans leur statut l’article suivant : « La langue officiel de l’association ……………. Est la langue noon ».
Thiaby Ndiolène
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